La Playstation 3 tient-elle, avec Killzone 3, son jeu de tir de référence, comme la XBox et sa licence Halo ? Dès les premières minutes, le récit de la bataille entre les forces de l'ISA (Interplanetary Strategic Alliance) et les séparatistes helghasts tend vers le grand spectacle. Le titre du studio Guerrilla Games reprend volontiers la démesure des codes de l'esthétique soviétique et dépeint avec cynisme les généraux et autres responsables politiques, au cœur de l'intrigue
Fait plutôt rare pour un blockbuster annoncé, Killzone s'autorise même quelques effets scénaristiques, dans sa campagne solo, dotée d'une dizaine de chapitres, avec quelques séquences en flash-back plutôt bien pensées. Killzone 3 se veut aussi plus riche dans ses environnements que l'épisode précédent, sorti deux ans plus tôt. Outre les environnements urbains, le jeu essaie aussi de renouveler l'intérêt du joueur en lui proposant d'autres espaces, comme des jungles luxuriantes ou un monde de glace.
Défense de zones, défis de snipers ou batailles rangées contre des hordes d'ennemis : Killzone tente de multiplier les situations de jeux, sans pour autant donner l'impression d'écrasement sous les balles que procure Call of Duty : Black Ops. Les combats reposent aussi largement sur une dimension tactique, qui a fait ses preuve depuis Gears of Wars. L'expérience de jeu perd toutefois de son intérêt en raison de l'attitude souvent stéréotypée des opposants, et de l'impuissance face à l'envoi massif de grenades ennemies.
Les scènes d'action sont aussi ponctuées par de nombreuses séquences avec des véhicules, des chars par exemple ; des séquences dites "sur rail", car le joueur n'a que la maîtrise du tir... pas celle de ses déplacements. Une manière d'ajouter, assez artificiellement, de nouvelles phases de jeu.
UN SCENARIO MAL EXPLOITE
Finalement, malgré cette volonté d'introduire de la diversité, le défi ludique du jeu de tir de Guerrilla Games n'est que partiellement réussi : même si la dernière partie du jeu est de loin la plus épique, l'intérêt des missions est en dents de scie...
Killzone 3 ne parvient que par intermittence à rendre la tension dramatique d'un scénario que l'on devine pourtant très riche. Malgré une mise en scène des conflits intérieurs – qu'il s'agisse des troupes de l'ISA ou des calculateurs pontes helghasts –, la dimension politique des batailles, pourtant promise au début du jeu, est trop souvent occultée.
Ce sont les ennemis, et non les protagonistes, qui ont fait l'objet de plus de soin de la part des concepteurs du jeu. Car les combattants de l'ISA que le joueur peut incarner sont peu convaincants, et ne disposent pas d'une identité forte. Cette tendance fâcheuse était déjà sensible sur XBox 360, dans Halo Reach. Malgré ce potentiel inexploité, quelques trouvailles bienvenues, comme l'utilisation du Playstation Move, redonnent un peu de souffle à la révolution helghaste.[b][i]